Les Théâtreux

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 L'Anneau de Cornaline

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Sylvain
Grand Duc (je parle du canard, qu'on soit bien d'accord)


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MessageSujet: L'Anneau de Cornaline   Mer 28 Sep - 18:32

Naefir rampait dans les marais depuis des jours. Au bord de l’épuisement, la respiration faible, les doigts en sang à force d’arracher les ronces encombrant son passage, il agonisait, ayant perdu depuis des siècles la notion du temps. En effet, le soleil n’existait plus, tandis que jours et nuits se confondaient en une lumière pâle, et tamisée par un perpétuel manteau de nuages gris.
Naefir n’était plus que l’ombre de lui-même. Ses cheveux crasseux et terreux, son visage creux couvert de gerçures et son aura de pestilence, ne rappelaient en rien le tueur raffiné qu’il avait été jadis, mise à part peut être l’étincelle perfide de ses yeux d’obsidienne, qui luisait toujours d’une intelligence froide et cruelle.
Froid. Cruel. Les deux qualités qui avaient fait de lui le meilleur espion du futur Roi, son Roi, Roi d’un royaume d’où lui et sa race furent chassés par ses frères bâtards. Homme de confiance du souverain légitime, il n’aurait pas due échouer. Et pourtant, tout avait si bien commencé…

Plus rusé que le renard et plus souple que le cobra, Naefir s’immisça au sein de la haute société avec l’aisance du malin, et s’attira avec facilité la confiance des plus hauts dignitaires. Comme une araignée tissant sa toile, il élabora ainsi son piège avec la minutie d’un prédateur froid et silencieux, déplaçant ses pions en fin tacticien, liant de jour en jour les mains du faux monarque, et préparant ainsi la décadence interne d’un empire que le vrai roi n’aurait plus qu’à sauver. Son peuple allait enfin retrouver ce qui lui avait toujours appartenu, et lui-même serait parvenu au plus haut échelon de la société.
Mais il fut trahit.
Succombant au charme délectable de la Comtesse de Semir, il se révéla progressivement dans les draps de velours de ses appartements, dévoilant au clair de Lune son identité et ses sombres desseins. Comme elle était belle, dans sa robe de pourpre et de neige, et comme rayonnaient ses beaux yeux de jade dans leur écrin de peau fine et pâle… Belle, certes, mais point amoureuse, connaissant parfaitement les noirs idéaux de son amant. Elle s’était en fait montrée plus forte que Naefir, usant de son charme enivrant pour le faire s’incliner et lui brouiller l’esprit. Une fois les preuves réunies contre lui, elle le drogua, versant dans son verre quelques produits volatiles capables d’embrumer son esprit. Mais Naefir, en espion accomplis, connaissait bien ce procédé, et son âme, bien que troublée, était encore assez lucide lorsqu’il compris la manœuvre. Aussi assassina t’il l’objet de ses désirs dans la nuit, la saignant en un trait de vermeille, avant de s’emparer de son anneau de cornaline, symbole de son mariage et de son nom, et pouvant se montrer utile par la suite de part sa haute valeur. Puis il s’enfuit, conscient que la Comtesse avait certainement alerté quelques imminences d’importance, et de la corruption certaine de sa toile de relations. Tout avait échoué, et son plan magistral allait être soufflé comme un vulgaire château de cartes.
Même à l’aube, des bureaucrates encombraient les couloirs du palais, et Naefir n’eut que l’embarras du choix pour se choisir une nouvelle apparence avant de filer en douce. Il n’avait inoculé que peu de drogue, mais celle-ci semblait agir à long terme, car quelques vapeurs laiteuses troublaient encore sa vue, bien que cela ne le gêna en rien lorsqu’il due étrangler le premier aristocrate passant à l’angle du corridor, afin de s’emparer de ses vêtements. Peu de temps après, il quittait la ville sans que nul ne se soit rendu compte de rien.

Pourtant, des aboiements se firent bientôt entendre derrière lui, bien vite accompagnés de cris de haine et de rage. Un frisson lui parcourut le dos et il s’élança vers la forêt, courrant sans ralentir vers le Nord, bondissant comme un lièvre au dessus des buissons, haletant, humide d’une sueur froide à l’idée d’être pris, torturé et tué. Les animaux fuyaient à son passage et les hurlements terrifiants faisaient s’envoler les oiseaux en masse, alors que Naefir le lâche courrait tête baissée dans les bois. Puis, petit à petit, les cris des poursuivants s’estompèrent, cédant au chant d’un ruisseau. Presque mort de peur et de soif, Naefir se jeta dedans, et bue goulûment l’eau fraîche et délectable. La pluie accompagna bientôt de ses notes la mélodie du ruisseau, en duo avec le sifflement du vent faisant danser les coiffes d’or et de pourpre des grands arbres bordant le cours d’eau, et l’homme déchu se mit à marcher le long de la plage de galets. Toute la nuit il marcha, pour arriver au matin en un lieu magnifique : du haut d’un rocher, dominant le vallon, une maison de bois et de blanche pierre semblait contempler le ruisseau. De son étroite cheminée s’échappait de légères volutes de fumées, jouant avec les feuilles dorées emportées par le vent. La demeure était donc habitée, et Naefir s’approcha. Une femme fort jolie, lavant le linge au bord de l’eau, le remarqua, et prévint le maître de maison, qui lui fit signe d’entrer.
Naefir fut lavé et logé, et put manger copieusement plusieurs jours durant. Seule la femme, en fait une domestique, lui parlait, car le maître de maison, appartenant à une haute lignée, était devenu muet et passait le plus clair de son temps à contempler la cheminée, en compagnie de son fils. Ce dernier était plutôt grand pour son âge, et ses yeux d’un beau vert clair exprimaient une profonde tristesse. Lui non plus ne parlait plus, il passait le plus clair de son temps plongé dans les livres, et n’était jamais très loin de son père.

Bien entendu, tout cela n’affectait en rien le peu de sensibilité de Naefir, et celui-ci savait qu’il devrait se débarrasser de ces habitants avant son départ, afin d’effacer les traces de son passage. Il s’exécuta un matin, comme il aimait à le faire. S’emparant de la dague d’airain qui lui avait servie tant de fois déjà, il trancha les gorges de la domestique et du maître de maison alors qu’ils rêvaient, et quitta la demeure, un nouvel anneau de cornaline en poche. Mais la frontière n’était sans doutes plus très loin, et peut être n’en auraient il finalement pas besoin, quoiqu’en ses terres, cela aurait fait de lui un homme riche.
Naefir n’eut cependant que le temps de faire quelques pas avant d’entendre un long grincement. Se retournant, il se souvint subitement qu’il n’avait pas tué l’enfant. Celui-ci se tenait à présent devant lui, un arc bandé à la main, prêt à décocher. Aurait-il osé ? Naefir savait qu’un fils de noble de cet âge là ne savait pas se battre, si encore il savait chasser, mais l’expression froide, et imbibée de colère du visage de l’enfant le poussa à s’incliner, et à mimer une grande angoisse. L’enfant s’approcha alors, l’arc toujours armé, jusqu’à se que la pointe de la flèche caresse le crâne de l’espion, qui laissa tomber sa dague en signe de soumission. C’est à ce moment là qu’il se releva subitement, avant de lui asséner une série de violents coups de pieds dans le ventre.

Souffrant, l’enfant ne cria cependant pas, et parvint à se relever, bien qu’avec difficulté, avant de s’élancer à la poursuite de l’assassin. Tous deux coururent plusieurs heures, l’un motivé par la peur et l’autre par la haine. L’un courrait plus vite mais l’autre connaissait le terrain, et Naefir fut bientôt pris en tenaille entre l’enfant et un mur rocheux infranchissable. L’enfant s’approcha, un petit couteau à la main. Quelques perles de sueur froide roulèrent sur le front de Naefir, qui s’inclina de nouveau en implorant la pitié du garçon. Mais celui-ci continuait à avancer, impassible. L’homme ferma alors les yeux quelques instants, avant de sentir un profond engourdissement au niveau de son cou, qui sembla se propager à son corps tout entier, avant d’atteindre son âme elle-même ! Le dernier souvenir de Naefir fut la sensation des mains du garçon retirant de sa poche les deux anneaux de cornaline, suivit de celle d’une lente et inexorable chute, comme s’il s’enfonçait dans les entrailles de la terre. Lorsqu’il rouvrit les yeux, il pataugeait dans ces mêmes marais inconnus, s’étendant à perte de vue, son enfer pour avoir assassiner la famille d’un innocent, son père et sa mère aux anneaux de cornaline.

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Sylvain
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MessageSujet: Re: L'Anneau de Cornaline   Mer 28 Sep - 18:34

J'ai écrit cette nouvelle il y a presqu'un an. Sur le coup j'en étais content, mais maintenant je me rends compte qu'elle est pas si géniale que ça.
Enfin je reste content de la sonorité de mon texte, mais disons que l'histoire en elle même est bof, ainsi que la chute.

Enfin je vous laisse juger.

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MessageSujet: Re: L'Anneau de Cornaline   Ven 30 Sep - 21:53

Autant j'accroche sur tes poèmes, autant là...... je sais pas trop quoi dire. Là, je t'avoue que je ressens rien. désolé! j'ai du entendre trop d'histoire d'héroique-fantaisie parce que ça me rapelle vague quelque chose. T'inquiète, on a tous notre lot nouvelle qui l'âge passant ne résonnent plus!

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MessageSujet: Re: L'Anneau de Cornaline   Sam 1 Oct - 9:16

Citation:
on a tous notre lot nouvelle qui l'âge passant ne résonnent plus!


Oui c'est ce que je ressent ! enfin je l'ai dit d'ailleurs, mais plus le temps passe moins j'aime cette nouvelle !

Quand j'étais au collège j'écrivais quasiment que de l'héroic fantasy, sauf dans les "poésies". Depuis la seconde, culture générale aidant, je commence à écrire dans d'autres domaines.

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MessageSujet: Re: L'Anneau de Cornaline   Lun 3 Oct - 14:24

C'est en forgeant qu'on devient un bon forgeron!

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