Paolo est dans sa chambre avec pour seul mobilier un lit, une chaise et un bureau. Faisant les cents pas, il soliloque._Paolo : Comment faire pour que l’inspiration vienne, faut-il que je reste dans le noir afin que mon cerveau ne s’occupe que de ça. Faut- il au contraire que je reste à la lumière afin d’avoir une illumination ? Si j’avais une femme je saurais quoi écrire car les femmes portent en elles le pouvoir de leurs ancêtres les muses. Peut-être dois-je prier Dieu pour qu’il m’envoie sa muse ? Ô Dieu, que dois-je faire pour que tu m’aides ? (La lumière de la lune éclaire alors le bureau sur lequel sont posées une feuille et une plume), la lueur transmise par le clair de la lune, serait-ce ton signe? Si Dieu le veut elle sera ma muse !
Il s’assoit à son bureau, contemple la lune puis finit par s’endormir. Un léger sifflement le réveille dans un néant violet. Une autre table est apparue devant laquelle se tient un homme tenant à la main un crâne._L’homme : Que cherchez-vous ici ?
_Paolo : Ce que je cherche ?
_L’homme : Tous ceux qui viennent ici cherchent quelque chose !
_Paolo (s’apercevant que le ciel est dénué d’astre) : Je cherche la lune.
_L’homme : Que lui voulez-vous ?
_Paolo : Dieu me l’a confiée car elle est ma muse.
_L’homme : Dans ce cas ce n’est pas la lune que vous chercher.
_Paolo : Puisque je vous dit que c’est elle que je cherche. Sans elle je ne suis rien.
_L’homme : Nous y voilà : être ou ne pas être, telle est la question !
_Paolo : Puisque je vous dis que la question est : « où est la lune »?
_L’homme : Que nenni. Vous cherchez la lune parce qu’elle est votre muse, vous cherchez votre muse pour avoir de l’inspiration, donc vous cherchez l’inspiration. Je vais donc vous l’apporter puisque c’est mon rôle.
Il s’absente.
Acte II, Scène 2
L’homme revient accompagné de deux personnes à moitié cachés par de longues capes et munis d’épées._L’homme : Voici.
_Cyrano (lorsque Cyrano commence à parler, Paolo écoute et prends note). : je me présente, Cyrano de Bergerac.
Ne parlant qu’en vers, Je les fais tous taire.
Il n’y a qu’avec mon épée Que je dépasse ce long nez.
Mon histoire est certes complexe mais elle n’en est pas moins passionnante. En effet, chose non commune, j’aime ma cousine. Etant l’être le plus répugnant il me semble logique d’aimer la plus belle qui soit. Chose fatale ! mon cœur m’oblige à aider son prétendant en parlant à sa place par le beau langage qu’est le mien.
Pour le reste, je vous laisse chercher. Je tiens également à vous dire que ce récit ne saurait être passionnant si je ne malmenais pas quelques comtes par mes paroles et par mon épée de cette façon.
Il dégaine alors son épée et fait un signe de tête à son ami qui dégaine alors son arme et commence à se battre.
_Paolo (froissant le papier et le jetant par terre) : arrêtez, ne vous fatiguez pour rien ; la violence n’est pas un de mes traits de caractère. (S’adressant à l’homme) Auriez-vous une autre « inspiration »?
Acte II, Scène 3
A ce mot des géants et des comédiens entrent. Les comédiens entrent tirant une charrette sur laquelle une femme est allongée. Elle descend de la charrette et prend la parole._La comédienne (Paolo prend des notes): Je vous propose d’écrire l’histoire de géants vivant dans la montagne. Leur calme un jour troublé par une troupe de comédiens, un quiproquo s’installe alors entre les comédiens et les géants. Je dois quand même signaler que les géants sont assez enthousiastes à l’idée de voir une femme telle que moi. Le dirigeant de la tribu des géants se trouve alors confus en essayant d’expliquer à ses compagnons que les comédiens ne sont pas en train de jouer alors que lui-même ne sait pas s’ ils jouent ou non.
Je vous laisse imaginer la suite…
_Paolo (froissant le papier et le jetant) : Ce ne sera pas la peine, c’est trop italien à mon goût. (À l’homme)Une « inspiration » ?
Acte II, Scène 4
A ces mots, une longue queue entre. A sa tête, une femme._L’homme : Vous avez fait appel à votre dernière inspiration.
_La Femme (Paolo commence à écrire) : Je vous propose une longue file. Toutes les personnes de cette queue n’ont qu’une pensée : réussir à acheter des vivres alors que la guerre a éclaté.
_La Queue : La guerre a éclaté…
_La Femme : Une dispute éclate alors au sein du groupe. On accuse ceux qui partent en demandant à leurs voisins de leur garder la place, créant alors à leur retour des conflits.
Au moment où la queue veut reprendre en chœur, Paolo les coupe._Paolo : C’est à présent moi qui risque un conflit car j’ai promis une pièce que je n’ai pas et car cette pièce est trop confuse. Il faudrait, si je la prenais, la faire paraître en auteur anonyme tellement on prend des risques d’incompréhension par le public. Voyant les têtes de la file se tourner vers lui avec un air choqué : Eh bien oui, tel que vous m’avez expliquez cette histoire, elle me paraît incompréhensible. Il faudrait être un génie pour la rendre cohérente.
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Le théatre, cet art scénique qui fait d'une passion une vie, et d'une vie, un concerto d'applaudissements...